« Le château de Moulinsart est inspiré de la partie centrale du château de Cheverny. » Hergé, 1975.
La partie centrale. Deux mots qui disent tout, et que l’on oublie toujours de lire. Pour faire entrer une demeure du Grand Siècle dans une planche de bande dessinée, il fallait bien lui retirer quelque chose. Ce furent ses deux ailes. Cheverny gagna Tintin, Milou, le capitaine Haddock et Nestor. Il y perdit son nom et ses pavillons.
Visiter le château de Cheverny, c’est donc d’abord vérifier ce que l’on croit savoir. Et découvrir, en dix minutes de marche depuis Le Clos Amarante, une maison bien plus vaste que celle des albums.
Ce qu’Hergé a vraiment fait
Rien ne documente une visite du dessinateur sur place. On a retrouvé dans ses dossiers une brochure touristique de Cheverny, portant en couverture un croquis au crayon de Tintin et de Haddock marchant vers la façade. C’était sa méthode : travailler d’après le document, à distance, en simplifiant jusqu’à l’os. La ligne claire est un art de la soustraction.
Le château apparaît pour la première fois en 1942, dans Le Secret de La Licorne. Il revient dans dix des vingt-quatre albums. Sa cheminée principale reprend celle de la chambre du Roi. Quant au nom de Moulinsart, il ne vient pas d’ici mais de l’inversion de Sart-Moulin, un hameau des environs de Bruxelles. La légende voyage plus vite que les archives.
Le domaine entretient cet héritage avec une exposition permanente, Les Secrets de Moulinsart, ouverte en 2001 sur sept cents mètres carrés dans les communs. On y descend dans les souterrains où le reporter est retenu prisonnier, on traverse le laboratoire du professeur Tournesol et son sous-marin en forme de requin. Une pièce n’existe dans aucun album : la chambre de Tintin au château. Trente minutes de visite. Fermeture entre 12h45 et 13h45, ce qui a surpris plus d’un visiteur pressé.
Dix-sept pièces, et le plus beau mobilier du Val de Loire
Cheverny se présente volontiers comme le château le plus richement meublé de la vallée. Ce n’est pas une formule de brochure.
La salle à manger porte trente-quatre panneaux de bois peints par Jean Mosnier au XVIIe siècle, qui racontent Don Quichotte. La chambre du Roi déploie tapisseries et mobilier d’époque. La salle d’armes est la plus vaste du logis, sous son plafond à la française. On traverse aussi les appartements privés, la nursery, et une chapelle achevée au XIXe siècle dans le style troubadour. Portraits de famille, tapisseries des Gobelins, cabinets italiens, armes du XVe siècle, pendules, laques d’Orient… La même famille tient les lieux depuis six siècles, ce qui explique que rien n’y ait l’air d’un musée.
Le château fut d’ailleurs, en 1922, le premier château privé de France à ouvrir ses portes aux visiteurs.
Six jardins, six cent mille tulipes
Le jardin des tulipes est le plus spectaculaire : six cent mille bulbes plantés chaque année, dont cinq cent mille en un double ruban de deux cent cinquante mètres, en fleur au mois d’avril. Le jardin de l’amour abrite six sculptures de bronze du Suédois Gudmar Olovson. Le jardin sucré, planté en 2020, est un verger d’un hectare et trois cent soixante-dix arbres. S’y ajoutent le potager bouquetier, le jardin des apprentis et un labyrinthe de lauriers.
En rejoignant le potager, on passe devant le chenil, construit en 1850 pour l’équipage de Cheverny. Une centaine de chiens tricolores français y vivent. La traditionnelle « soupe des chiens », ce moment où la meute entière attend le signal avant de se jeter sur sa pitance, n’est plus annoncée sur le site du château : mieux vaut la demander à la billetterie le jour de la visite.
Horaires 2026
Le domaine est ouvert 365 jours par an, sans aucune exception. Ni le 25 décembre, ni le 1er janvier, ni le 1er mai.
| Période | Billetterie et château |
|---|---|
| 1er janvier au 31 mars | 10h00 à 17h00 |
| 1er avril au 30 juin | 9h15 à 18h00 |
| 1er juillet au 31 août | 9h15 à 18h30 |
| 1er au 30 septembre | 9h15 à 18h00 |
| 1er octobre au 31 décembre | 10h00 à 17h00 |
Les jardins restent ouverts trente minutes de plus, et le domaine ferme trente minutes après la billetterie. En décembre, les illuminations de Noël imposent une grille particulière.
Tarifs 2026
Les billets se prennent sur place, sans réservation.
| Formule | Adulte | Réduit | Moins de 7 ans |
|---|---|---|---|
| Château et jardins | 15,50 € | 11,50 € | gratuit |
| Château, jardins et exposition Tintin | 20,50 € | 16,00 € | gratuit |
| Château, jardins et parc en bateau électrique | 21,00 € | 16,50 € | 4,00 € |
| Visite complète | 26,00 € | 21,00 € | 4,00 € |
Le tarif réduit vaut pour les 7 à 14 ans, les lycéens, les étudiants de moins de 25 ans, les demandeurs d’emploi et les familles nombreuses. Les personnes en situation de handicap entrent gratuitement. Les formules avec le parc ne sont proposées que d’avril au 11 novembre.
Deux suppléments méritent leurs cinq euros : la visite guidée du château, quarante-cinq minutes, et le spectacle équestre, quarante-cinq minutes également, à 11h et 15h tous les jours sauf le samedi en juillet et en août.
Le temps qu’il faut
Le château seul se visite en quarante minutes, livret en main. Comptez deux heures à deux heures trente pour le château, les jardins et l’exposition Tintin : c’est le bon format d’une première visite. Une demi-journée si vous ajoutez la découverte du parc en voiturette et en bateau électriques.
Y aller
Avenue du Château, à l’entrée du bourg de Cheverny, à moins de deux kilomètres du centre de Cour-Cheverny. Trois parkings gratuits, dont un réservé aux camping-cars en journée. Vingt minutes depuis Blois, une heure depuis Tours, deux heures depuis Paris par l’A10, sortie 17. En train, la gare de Blois-Chambord est à 1h40 de Paris-Austerlitz, et la navette Azalys dessert le château pour six euros l’aller-retour, mais d’avril à début novembre seulement.
Depuis Le Clos Amarante, c’est dix minutes de marche. Ni voiture, ni parking, ni retour à négocier.
Trois conseils
Venez à l’ouverture. Sans réservation, la file se fait sur place, et le milieu de journée est le moment le plus chargé. Le château d’abord, les jardins ensuite.
Choisissez avril ou septembre. Avril pour les tulipes, septembre pour la douceur et le calme. De la mi-octobre à la mi-novembre, le domaine se pare de chrysanthèmes et de courges.
Prenez de bonnes chaussures. Deux cent vingt-cinq mètres de la billetterie au château, cinq cent quinze jusqu’au départ du parc, et un perron de dix marches sans rampe. Les poussettes se laissent à l’entrée, les animaux de compagnie restent dehors.
L’Orangerie sert à déjeuner de midi à 14h30 sans réservation, et fait salon de thé de 10h30 à 17h. Le pique-nique est autorisé le long du canal.
Sortir de chez soi à pied, pousser la grille avant la foule, rentrer déjeuner, y retourner l’après-midi pour les jardins. C’est ce que permet notre maison à Cour-Cheverny, à dix minutes du château qui a perdu ses ailes…
Informations vérifiées le 3 août 2026 sur le site officiel du château de Cheverny. Horaires et tarifs évoluent : un coup d’œil sur chateau-cheverny.fr avant de partir.

