Une journée en ville

Blois, le château qui change de siècle en traversant la cour

Blois, le château qui change de siècle en traversant la cour

23 décembre 1588, huit heures du matin. Au château de Blois, le conseil du roi siège depuis l’aube. On vient prévenir le duc de Guise que Sa Majesté l’attend dans le cabinet vieux. Le chemin passe par la chambre du roi. Huit hommes de la garde personnelle d’Henri III l’y attendent, l’épée sous le manteau. Le plus puissant seigneur de France meurt au pied du lit royal, la veille de Noël.

Que voir à Blois ? D’abord cela : les pièces mêmes où le royaume a basculé. Puis une cour, une seule, d’où l’on embrasse quatre siècles d’architecture sans faire un pas. Blois est le château le plus simple à comprendre du Val de Loire, et le seul posé en pleine ville, à vingt minutes de Cour-Cheverny.

Une cour, quatre siècles

Placez-vous au centre de la cour et tournez lentement. La salle des États, avec ses deux nefs jumelles, est ce qui reste du palais des comtes de Blois du XIIIe siècle. L’aile Louis XII, brique rouge et pierre blanche, appartient encore au gothique quand elle s’achève au tournant de 1500. L’aile François Ier, levée entre 1515 et 1519, fait entrer la Renaissance italienne en France : escalier octogonal posé en avant de la façade, salamandres couronnées sur les murs. L’aile Gaston d’Orléans, enfin, dessinée par François Mansart vers 1638, annonce déjà le classicisme de Versailles. Quatre chantiers, quatre siècles, une seule cour.

Sept rois et dix reines de France ont vécu ici. Aucun autre château de la Loire ne peut en dire autant, pas même Chambord, résidence de passage plus que maison. C’est aussi de Blois que Jeanne d’Arc part vers Orléans, en avril 1429, après y avoir fait bénir son étendard.

La chambre où le royaume bascula

Revenons au 23 décembre 1588. Henri III a convoqué les états généraux à Blois ; le duc de Guise, idole de Paris et chef de la Ligue catholique, s’y conduit en maître du royaume. Le roi tranche à sa manière. Le lendemain du meurtre, le frère du duc, le cardinal de Guise, est tué à son tour. Catherine de Médicis, qui avait passé sa vie à empêcher précisément cela, meurt au château deux semaines plus tard, le 5 janvier 1589. Huit mois après, Henri III tombe sous le couteau d’un moine. En une saison, Blois a vu s’éteindre les Guise et les Valois.

Le deuxième étage de l’aile François Ier raconte cette journée pièce par pièce, plans et portraits à l’appui. On y marche lentement, et l’on comprend pourquoi les historiens s’y disputent encore.

Le cabinet de Catherine, ou la légende des poisons

Au premier étage, le studiolo de Catherine de Médicis aligne ses panneaux de bois sculpté du sol au plafond. Certains s’ouvrent en appuyant du pied sur une pédale dissimulée dans la plinthe. Des armoires à poisons, affirme la tradition, où la reine mère rangeait ses fioles florentines.

La tradition a un auteur : Alexandre Dumas, qui installa les poisons dans La Reine Margot, en 1845. Les inventaires d’époque, eux, parlent de bijoux, de papiers et d’objets précieux, ce que l’on confiait à des armoires dérobées dans toutes les grandes demeures du temps. Dumas écrivait des romans, les archives tiennent des comptes. Les secondes sont moins amusantes, et plus sûres.

Que voir à Blois en une journée

Le château se visite en deux heures, appartements royaux, salle des États et musée des Beaux-Arts compris, ce dernier logé dans l’aile Louis XII et inclus dans le billet. L’HistoPad, tablette de réalité augmentée proposée à l’entrée, reconstitue les décors disparus salle après salle : les enfants se l’approprient plus vite que leurs parents.

Gardez le reste de la journée pour la ville, qui grimpe de la Loire vers le château par un lacis d’escaliers et de ruelles. L’escalier monumental Denis-Papin et sa perspective sur l’axe de la ville, la cathédrale Saint-Louis, les jardins de l’évêché suspendus au-dessus du fleuve, avec la vue sur le pont Jacques-Gabriel, l’église Saint-Nicolas entre château et Loire, les maisons à pans de bois de la vieille ville. Tout se fait à pied, en flânant.

En face, la Maison de la Magie

La place du château a une seconde vedette. Jean-Eugène Robert-Houdin naît à Blois en 1805, horloger de formation, et invente à peu près tout ce que la magie moderne tient pour acquis : le spectacle en habit de soirée, les automates, l’illusion comme art de salon. Un jeune Américain nommé Erich Weiss se choisira plus tard un nom de scène en son hommage : Houdini.

La Maison de la Magie, qui lui est dédiée, occupe l’autre côté de la place. Un dragon à six têtes se déploie aux fenêtres à heures fixes, et des spectacles de magie rythment la journée, compris dans le billet. Elle ouvre d’avril à la fin août, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h30. Des billets combinés avec le château se prennent à la billetterie.

Le soir, la cour s’allume

Du 4 avril au 26 septembre, puis pendant les vacances de la Toussaint, le son et lumière Ainsi Blois vous est conté projette l’histoire du château sur les façades de la cour. Quarante-cinq minutes, à 22h en avril et septembre, à 22h30 de mai à août, à 19h15 fin octobre. Adulte 13 €, tarif réduit 11 €, 8 € de 6 à 17 ans.

Horaires et tarifs 2026

Le château est ouvert tous les jours de l’année. La billetterie ferme trente minutes avant.

Période Horaires
Janvier et février 10h à 17h
Mars 10h à 17h30
1er avril au 30 septembre 9h à 18h30
1er au 16 octobre 9h à 18h
17 octobre au 1er novembre 9h à 18h30
2 novembre au 18 décembre 10h à 17h
19 décembre au 3 janvier 10h à 18h
Billet château Tarif
Adulte 16 €
Tarif réduit 12 €
6 à 17 ans 8 €
Moins de 6 ans gratuit

Le tarif réduit vaut pour les étudiants, les demandeurs d’emploi, les familles nombreuses et les enseignants. Les personnes en situation de handicap entrent gratuitement, avec leur accompagnateur. Le son et lumière et la Maison de la Magie ont leurs billets propres et leurs formules combinées, à deux ou trois sites : demandez-les en billetterie, l’économie est réelle.

Y aller

Vingt minutes de voiture depuis Cour-Cheverny, en traversant la Sologne des petites routes. En train, la gare de Blois-Chambord est à 1h40 de Paris-Austerlitz, et le château à dix minutes à pied de la gare. Venez à l’ouverture ou en fin d’après-midi : entre les deux, les groupes tiennent la cour.

Visiter le château l’après-midi, dîner dans la vieille ville, rester pour le son et lumière, puis rentrer dormir au calme : c’est le rythme que permet notre maison à Cour-Cheverny, à vingt minutes du château qui change de siècle en traversant la cour…

Informations vérifiées le 23 août 2026 auprès du château royal de Blois et de l’agence touristique du Val de Loire. Horaires et tarifs évoluent : un coup d’œil sur chateaudeblois.fr avant de partir.

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Le grand salon du Clos Amarante, à Cour-Cheverny
Le Clos Amarante

Après la visite, rentrer à la maison

Une maison de famille au cœur de Cour-Cheverny, pour dix voyageurs : quatre grandes chambres, un patio pour les soirs d’été, et le château de Cheverny à dix minutes à pied.

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